Le statut de médecin remplaçant non thésé permet aux internes de pratiquer la médecine libérale sous licence temporaire avant même la soutenance de leur thèse. Cette opportunité d’exercice concret s’accompagne toutefois d’un cadre réglementaire strict et de démarches obligatoires auprès de l’Ordre et de l’URSSAF.
Nous allons détailler les conditions d’obtention de votre licence, vos obligations d’assurance et les spécificités de votre régime social pour sécuriser votre début d’activité.
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Qu’est-ce qu’un médecin remplaçant non thésé ?
Un médecin non thésé est un interne ayant validé son deuxième cycle et un temps de stage minimum, autorisé par l’Ordre à remplacer via une licence temporaire. Ce statut transitoire permet d’exercer avant la soutenance finale. Mais alors, comment se définit précisément cette position entre l’étudiant et le docteur ?
Définition : non thésé vs thésé, quelle différence ?
Le thésé détient officiellement le titre de docteur. À l’inverse, le non thésé est un étudiant en fin de cursus, couramment désigné sous le terme d’interne remplaçant par ses pairs.
Leurs compétences cliniques pour les actes courants restent identiques. La distinction entre les deux statuts est donc purement administrative et académique, sans impact sur la qualité des soins.
Cette dualité influence parfois la perception des patients vis-à-vis du statut. Pourtant, l’expertise médicale est bien présente.
Jusqu’à quand peut-on remplacer sans thèse ?
Le médecin dispose de trois ans après la fin du troisième cycle pour exercer sans thèse. Ce délai lui permet de finaliser ses travaux de recherche et de préparer sa soutenance.
Passé ce délai, l’autorisation de remplacement devient caduque. Il faut alors impérativement valider le diplôme d’État. Sans ce précieux sésame, toute activité médicale libérale est stoppée net.
Les conditions pour remplacer en tant que non thésé

Après avoir défini le statut, il faut se pencher sur les critères stricts permettant d’obtenir le droit de pratiquer.
Avoir validé le 2e cycle et être en 3e cycle (internat)
Le futur remplaçant doit impérativement avoir validé ses ECN ou EDN. Il est obligatoire d’être officiellement inscrit en troisième cycle, que ce soit en médecine générale ou dans une autre spécialité.
La validation d’un nombre minimal de semestres est requise. En pratique, trois semestres sont nécessaires, incluant obligatoirement le stage chez le praticien.
Cette étape garantit un socle de connaissances suffisant. C’est le préalable indispensable.
Obtenir la licence de remplacement : démarches et documents
La demande s’effectue directement auprès du Conseil Départemental de l’Ordre (CDOM). Vous devez impérativement fournir un certificat de scolarité à jour pour justifier votre statut d’étudiant.
Le dossier doit être complet pour éviter tout retard administratif. Voici les pièces à joindre :
- Attestation de validation de stages délivrée par la faculté.
- Pièce d’identité en cours de validité.
- Justificatif de domicile récent.
- Attestation de la faculté de médecine.
S’inscrire à l’Ordre des médecins et obtenir sa carte CPF
L’inscription ordinale est temporaire et strictement rattachée à la validité de votre licence. Elle permet d’apparaître officiellement au tableau de l’Ordre en tant que remplaçant autorisé.
Pour sécuriser votre pratique, vous devez obtenir une Carte de Professionnel de Santé en Formation (CPF). Comme l’indique cette étude sur la santé publique, l’usage de la carte du titulaire est strictement interdit. Votre propre carte garantit la traçabilité de vos actes.
Les démarches administratives avant de commencer
Une fois l’autorisation ordinale en poche, le parcours administratif continue auprès des organismes de protection sociale.
Inscription à l’URSSAF (régime simplifié non thésé)
L’interne doit déclarer son activité libérale. Le régime PAMC (Praticiens et Auxiliaires Médicaux Conventionnés) est souvent le plus adapté pour débuter.
Cela permet de s’acquitter des cotisations sociales. La déclaration se fait en ligne rapidement sur le portail dédié. C’est une étape incontournable pour tout médecin remplaçant non thésé.
Les charges sont calculées sur les honoraires perçus. C’est une obligation légale. Aucun remplacement ne doit rester non déclaré.
Inscription à la CPAM
Il faut contacter la caisse de son lieu d’exercice. L’enregistrement permet le remboursement des soins par les patients. Sans cette affiliation, le praticien ne peut pas exercer sereinement.
La CPAM délivre les feuilles de soins papier. Elle valide aussi le droit à la télétransmission. Ces outils sont indispensables pour la gestion quotidienne des consultations.
Numéro SIRET : obligatoire ou non pour le non thésé ?
Oui, le SIRET est indispensable car le remplaçant est un travailleur indépendant. Il est attribué par l’INSEE suite à l’inscription URSSAF. C’est l’identité même de votre structure libérale.
Ce numéro doit figurer sur les contrats de remplacement. Il identifie l’entreprise libérale de l’étudiant. L’Ordre des médecins vérifie systématiquement cette information sur les conventions signées.
Sans ce numéro, impossible de facturer des rétrocessions. C’est le socle fiscal. Il garantit la transparence de vos revenus auprès de l’administration.
Ce que le non thésé peut (et ne peut pas) faire en remplacement
Au-delà du cadre administratif, l’exercice quotidien est régi par des règles de pratique bien précises.
Actes autorisés et limites de la licence de remplacement
Le remplaçant effectue les mêmes consultations que le titulaire. Il assure la continuité des soins et les urgences. Sa responsabilité est engagée pour chaque décision médicale prise durant sa mission.
Type d’acte | Autorisé | Condition |
Consultations | Oui | Cadre de la licence de remplacement |
Visites à domicile | Oui | Continuité des soins du cabinet |
Certificats de décès | Oui | Sous sa propre responsabilité |
Expertises judiciaires | Non | Réservé aux médecins thésés inscrits |
Secteur conventionné applicable pendant le remplacement
Le remplaçant adopte obligatoirement le secteur du médecin qu’il remplace. Si le titulaire est en secteur 1, l’interne l’est aussi. Le respect des tarifs conventionnels est un impératif déontologique strict.
Il ne peut pas appliquer de dépassements d’honoraires personnels. Les tarifs sont ceux du cabinet. Aucune majoration individuelle n’est permise.
Rédiger des ordonnances : règles spécifiques au non thésé
Les ordonnances doivent porter le nom du titulaire. Le remplaçant signe en précisant sa qualité d’adjoint ou de remplaçant. Il doit systématiquement barrer le nom du médecin installé pour s’identifier.
Il faut mentionner son propre numéro RPPS ou son numéro de licence. La clarté est capitale pour le pharmacien et le patient. Cela garantit la traçabilité des prescriptions et la sécurité du circuit du médicament.
Responsabilité du médecin remplaçant non thésé
Exercer la médecine implique d’assumer les conséquences de ses actes, même sans le titre de docteur.
Responsabilité civile et ordinale
Le remplaçant est personnellement responsable de ses fautes professionnelles. Il répond de ses erreurs devant les juridictions civiles ou pénales. Aucun lien de subordination n’existe avec le médecin remplacé.
Sur le plan déontologique, il est soumis au Code de déontologie médicale. L’Ordre peut le sanctionner en cas de manquement.
Consultez les avantages de l’intérim médical pour voir comment la responsabilité est gérée en agence.
Assurance RCP : obligatoire dès la première mission
Souscrire une Responsabilité Civile Professionnelle (RCP) est une obligation stricte selon le Code de santé publique. Elle couvre les dommages causés aux tiers durant l’exercice des soins. Sans elle, vous risquez une amende de 45 000 €.
De nombreux assureurs proposent des tarifs préférentiels pour les internes. Il faut l’activer avant le premier jour de remplacement. C’est votre filet de sécurité financier.
Devenir médecin remplaçant non thésé exige la validation de trois semestres, l’obtention d’une licence ordinale et une RCP valide. Finalisez vos inscriptions URSSAF et CPAM sans tarder pour sécuriser votre exercice libéral. Lancez-vous sereinement dans cette expérience formatrice pour préparer votre futur titre de docteur.
FAQ : recrutement de médecins étrangers en France
Combien de médecins étrangers exercent en France en 2026 ?
Les données 2025 confirment une progression constante des praticiens diplômés hors Union Européenne, qui représentent désormais environ 12 % des nouveaux inscrits à l'Ordre des médecins. Cette tendance structurelle renforce l'offre de soins dans les territoires les plus fragilisés.
La répartition géographique privilégie les zones périphériques et les centres hospitaliers publics, où ces professionnels occupent des postes stratégiques pour le maintien des services de proximité.
Quelle est la loi applicable aux médecins étrangers depuis 2025 ?
Le cadre législatif repose sur la loi Valletoux et ses décrets d'application, dont le décret n°2025-467. Ce texte encadre strictement le parcours de consolidation des compétences des PADHUE et garantit une intégration sécurisée des praticiens étrangers.
La loi santé 2025 impose également des obligations de stage en zone sous-dense, orientant les nouveaux arrivants vers les territoires aux besoins les plus critiques pour réduire les déserts médicaux.
Un médecin étranger peut-il faire de l'intérim médical en France ?
Oui, sous conditions strictes. Le praticien doit impérativement disposer d'une autorisation d'exercice de plein droit délivrée par le CNG. Les PADHUE en cours de parcours de consolidation ne sont pas éligibles aux missions d'intérim.
Pour les diplômés de l'UE, les démarches sont simplifiées : ils peuvent solliciter un exercice temporaire dès leur inscription validée par l'Ordre national des médecins.
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